Lettre Mars/Avril 2009 : Parler aux plantes ?

Réponse à "Grosse faute !"

samedi 23 mai 2009, par CARON Robert

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Aux enfants de la BCD Monceau

Merci de votre réponse… Qui je suis ? Ben je suis Robert. Et après tout cela n’a pas beaucoup d’importance. Je suis un vieux « quelqu’un » qui vous écrit… Ça ne vous suffit pas ?

Avant, il y a longtemps, je travaillais comme instituteur dans un tout petit village des Pyrénées. Il était perdu, ce village… Pas beaucoup d’habitants. Des montagnes, de la neige, du silence. Alors, le seul événement important de la journée, c’était… le passage du facteur. Une journée sans courrier prenait une vilaine couleur grise. Une journée avec courrier rendait tout plus joyeux même le mauvais temps. Voilà, depuis, je me dis que le courrier est important. Il fait le beau temps. Et même si l’on a Internet, rien ne remplace l’objet lettre.

J’envoie des lettres aux bibliothèques en souvenir de mon village ou plutôt de moi dans mon village… Recevoir une lettre, c’est lire et plus encore. Car on peut lire un livre mais on ne sent presque jamais l’obligation de répondre au livre. La lettre donne à lire et invite à écrire.

Jardin mémé, plantes… Pourquoi ? Pourquoi pas. Ma mémé a réellement existé et parlait pour de vrai aux plantes comme je le raconte. Moi j’aime bien retrouver les questions de quand j’étais petit. Et cette question de personnes qui parlent à certaines plantes et pas à d’autres… et bien je n’ai toujours pas la réponse. Ecrire une lettre, c’est aussi (surtout) demander à d’autres ce que l’on ne comprend pas soi-même. J’ai du mal à faire des lettres où on dit « Il fait beau aujourd’hui » ou « Je vais bien et j’ai bien mangé » ou « Les gens sont gentils autour de moi ». Ça, c’est donner des nouvelles, pas écrire une lettre.

La FAUTE. Et oui, elle y était. Et grosse en plus ! J’aurais pu jouer au malin et dire que je l’avais fait exprès pour voir si vous étiez bon en orthographe. J’aurais pu jouer au vantard en vous disant qu’il n’y a pas de faute et que dans la phrase c’est le salon ET ma grand-mère qui ont tous les deux plein de plantes… Mais en jouant l’honnête, c’est vrai il y a une faute. Le pire, c’est que sans savoir pourquoi, elle est drôlement futée, cette faute. Car une fois le texte écrit, au moins 4 personnes l’ont lu. Personne n’a vu puisque personne n’a dit. Futée et sournoise… Plus fort encore : une fois le texte écrit et photocopié en 600 exemplaires, nous l’avons mis sous enveloppes. Là, aussi, personne n’a vu la même faute passer 600 fois sous 5 à 6 paires d’yeux. Ce n’est que trois jours plus tard que la faute s’est montrée. Une faute, ça doit sans doute vivre comme un virus. Il lui faut un temps d’incubation avant qu’elle ne se déclare. Trois jours après, elle nous a fait « coucou ». J’ai sursauté et j’ai eu honte. Mais chez moi, la honte des fautes passe vite. Surtout quand je dis que je l’ai faite.

Allez … Il faut que je vous quitte. Je n’ai pas de « foto » sur moi. Il faut que je cherche à la maison…

Bonjour à Grégoire le grand, du courage pour Margaux et son genou, du repos pour Aurélie et son Club Med et pas de grand merci à Marouan qui a appuyé encore sur la faute qui commençait à peine à se cicatriser…

Robert

PS : Au fait, Marouan, c’est quoi ton histoire du 100ème singe ?

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